Sur la croissance

Qu'est-ce que la croissance ? C'est une évolution qui se caractérise par un toujours plus d'un indicateur. Essentiellement, ce qui est mesuré sont des indices nationaux, voire continentaux ... de production ou de consommation. C'est donc très réducteur à plusieurs titres :

  1. Ne s'intéresser qu'à un seul critère c'est négliger les autres ;
  2. Rien de ce qui n'est pas mesurable (et fait peut-être plus pour le bien-être que l'énergie consommée par habitant) ne peut être pris en compte. Par exemple, si des paysans échangent des semences, ce n'est pas compté, alors que si le gouvernement force les paysans à acheter des semences à des entreprises, on peut chiffrer, donc l'indice censé mesurer l'évolution du bien-être enregistre un mieux net : on passe de zéro à quelque chose ! Les bénéficiaires de tels mesures, souvent préconisées par des organismes internationaux (F.M.I., B.M., ...) sont bien sûr le semencier, puis l'État qui récolte la TVA (ne jamais oublier l'État), enfin les organismes internationaux, qui peuvent donner une mesure simple (par exemple le PNB), mais fausse, de l'amélioration qu'ils ont induite dans le pays. Bref, le complot parait dans lequel le seul qui perd est le paysan et, plus généralement le citoyen.
  3. Supposons que la croissance soit uniforme et profite également à tout le monde. On sait que c'est faux, mais faisons quand même cette hypothèse. Supposons donc que tout s'accroisse de 10%. Alors celui qui, avant possédait 100 unités (euros, dollar, sucre, ...) possédera 110 et celui qui possédait 1 unité possédera 1,1. On retiendra que l'écart entre eux est passé de 99 unités à 108,9, soit une croissance, là encore de 10% ... Et après, certaines belles âmes sans esprit s'étonnent que la croissance coexiste avec l'accroissement des écarts entre le Nord et le Sud, entre les riches et les pauvres au Nord comme au Sud. En fait, non seulement ce n'est pas surprenant, mais c'est même consubstantiel à la croissance.

On a ainsi pu lire dans une étude parue en 2003 par l'ambassade de Chine, concernant la Chine que « Les bénéfices de la croissance sont, pour l'essentiel, et de plus en plus, engrangés par les classes les plus aisées. Entre 1990 et 1999, le revenu des 1% les plus riches a progressé en moyenne de 11% par an, contre 4,9 % par an pour les 50% les plus pauvres, et à peine 3% par an pour les 1% les plus pauvres » [Ref 1].

Alan Greenspan est le directeur de la Fed (pour les non initiés, c'est la réserve Fédérale américaine). On peut le considérer comme le gourou des marchés financiers qui, de par le monde, réagissent à ce qu'il décrit. Ca ne l'empêche pas d'expliquer que, le redémarrage de l'économie ne s'accompagne pas du redémarragez de l'emploi tout simplement parce que les gains de productivité sont trop forts.[Greenspan]. Cf. aussi ici pour un exemple du même discours par l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE).

Références

La toute première référence est le site decroissance.org. Ils défendent l'idée que seule la décroissance peut nous aider et non une croissance.
[Ref 1] Étude de l'ambassade de France en Chine citée dans un article intitulé "Qui profite des dividendes de la mondialisation ?" Le Monde 10 novembre 2003. Des compléments peuvent être trouvés sur la page "les élites chinoises en 2002" (Far eastern Economic Review) www.feer.com/misc/cls.html ou sur le site du bureau national des statistiques de Chine : http://www.stats.gov.cn/english/index.htm
[Greenspan] http://money.cnn.com/2004/02/27/news/economy/greenspan.reut "What this is suggesting is that unless and until we get a slowdown in productivity growth, it's very difficult to translate even fairly robust economic growth that we're currently seeing into job creation "

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