Citations sur le Progrès ou la Science

Quelques citations en faveur du progrès ou de la Science (souvent identifiés) et, plus bas, en leur défaveur :

« Le resserrement de la collaboration avec les Etats pour des motifs à la fois militaires et industriels, nous a sans doute profité, mais il a bien fallu payer un prix pour leur soutien, et la suspicion que le public ressent à notre égard en est l'une des conséquences »
Sir Michael Atiyah, quittant la présidence de la Royal Society, cité dans G. Toulouse, Regards sur l'éthique des sciences Paris, Hachette Littératures 1998 pp. 187-197

« La propagande modifie les images mentales que nous avons du monde (…) Elle prépare l’opinion à accueillir les nouvelles idées et inventions scientifiques en s’en faisant inlassablement l’interprète. Elle habitue le grand public au changement et au progrès. »
E. Bernays, Propaganda, comment manipuler l’opinion en démocratie. Réédition 2007 La Découverte
« Ce fut l'un des jours les plus étonnants de ma carrière scientifique personnelle. [...] Quand [l'étudiant]l me l'a montré pour la première fois, je ne pouvais pas le croire [...] Quand la génération suivante est arrivée, presque tous les petits [de drosophiles] étaient blonds » alors que leurs parents étaient bruns. Parlant donc du forçage génétique, E. Bier « croit que cela va transformer le monde de la génétique [...] car cela va permettre aux chercheurs de contourner les règles de la génétique dans de nombreuses sphères d'activité différentes ».
Ethan Bier Oregon Public Broadcasting on Thursday, 2015.
 « La réalité m'a appris que la consommation demeure la variable clé du progrès ».
Michel Bon, alors PDG de Carrefour Le Figaro-Magazine, 28 mars 1992 (p. 36)
« The pioneer spirit is still vigorous within this nation. Science offers a largely unexplored hinterland for the pioneer who has the tools for his task. The rewards of such exploration both for the Nation and the individual are great. Scientific progress is one essential key to our security as a nation, to our better health, to more jobs, to higher standard of living, and to our cultural progress.» (V. Bush)
« L'esprit des pionniers est encore vigoureux à l'intérieur de cette nation. La science offre un arrière-pays largement inexplorépour lepionnier qui a lestoutils pour cette tâche.La récompense d'une telle exploration, à la fois pour la Nation et pour l'individu sont formidables. Le progrès scientifique est une des clés essentielles pour notre sécurité en tant que nation, pour améliorer notre santé, augmenter les emplois, de meilleurs conditions de vie, et pour notre progrès culturel. » (V. Bush)
Selon Jean-Jacques Salomon, l'esprit de ce rapport est "Tout ce qui est bon pour la science est bon pour la société". Il y défend que la science, après la conquête de l'ouest et l'industrialisation était la prochaine frontière. Salomon continue en disant que ce rapport a été la source de la notion de nature linéaire de l'innovation : que la science, en elle-même, est la force qui amène le progrès technique, et que la science est donc cruciale pour réussir les objectifs de la nation dans tous les domaines de compétence gouvernementale.
« Dans un monde où l'exploration de la planète n'est plus une aventure, la véritable aventure humaine se situe aux confins de la connaissance. »
Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, colloque en l'honneur des 70 ans du Palais de la Découverte. Actes disponibles. Deux remarques :1) la "véritable aventure humaine" semble donc impossible pour le commun des mortels. Pourquoi ? 2) Pourquoi l'exploration de la planète n'est plus une aventure ?

« Si j'en avais la possibilité, je serais tout à fait capable de me lancer dans le clonage d'un homme préhistorique. [...] Pour le moment, l'avenir de l'humanité, sur le plan technologique, est somptueux. On comprend les choses de mieux en mieux, même s'il restera toujours des mystères. On parle de mutations génétiques, de transhumanisme. On commence aussi à se balader dans l'espace, on envisage de conquérir Mars. On n'y est pas encore, mais ça avance. Et ça me passionne. Si on colonise Mars dans quelques milliers d'années, alors cela signifiera que nous serons devenus une autre espèce, voir un autre genre. Et donc que la diversité que nous avons perdue sur Terre, de par la démographie et la circulation, pourrait renaître, sous la forme d'une diversité astronomique. »
Yves Coppens L'Express du 15 février 2016

« Ce sont ceux qui connaissent peu, et non ceux qui connaissent beaucoup, qui affirment aussi catégoriquement que tel ou tel problème ne sera jamais résolu par la science. »
Charles Darwin La Filiation de l’Homme, 1871, Introduction. A contrario, on comprend que « la science » résoudra tous les problèmes ... C'est bien une idéologie positiviste bien que Darwin soit plus fin que les positivistes de son siècle.

« Les pertes d'emploi dues aux délocalisations sont faibles. La véritable cause de la baisse des effectifs dans l'industrie, c'est le progrès technique. »
Guillaume Daudin, économiste à l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) 20 minutes 5 juillet 2005.

« On entend dire que la science est maintenant soumise à des impératifs de rentabilité économique ; cela a toujours été vrai. Ce qui est nouveau, c'est que l'économie en soit venue à faire ouvertement la guerre aux humains ; non plus seulement aux possibilités de leur vie, mais à celles de leur survie. C'est alors que la pensée scientifique a choisi, contre une grande part de son propre passé anti-esclavagiste, de servir la domination spectaculaire. La science possédait, avant d'en venir là, une autonomie relative. Elle savait donc penser sa parcelle de réalité ; et ainsi elle avait pu immensément contribuer à augmenter les moyens de l'économie. Quand l'économie toute-puissante est devenue folle, et les temps spectaculaires ne sont rien d'autre, elle a supprimé les dernières traces de l'autonomie scientifique, inséparablement sur le plan méthodologique et sur le plan des conditions pratiques de l'activité des « chercheurs ». On ne demande plus à la science de comprendre le monde, ou d'y améliorer quelque chose. On lui demande de justifier instantanément tout ce qui se fait. »
Guy Debord Commentaires sur la société du spectacle Ed. G. Lebovici 1988

« Ils ne parviendront pas à bloquer notre marche vers l'avenir » Josef Goebbels 21 juin 1934 pour critiquer ceux qui s'opposent aux nazis. Il invoque donc l'avenir pour justifier n'importe quoi.. Rudolph Hess dit aussi, le 24 juin1934 : « Celui qui a confiance en nous nous soutient. Quiconque s’oppose à nous devra le payer de sa vie ! ». C'est exactement la définition du fascisme : l'union fait la force et celle-ci doit être obtenue par tous les moyens. Y compris par la force contre ceux qui seraient en désaccord avec les tenants du pouvoir. Autant dire que la liberté vient toujours loin derrière la force !

« Tout mon effort aura été de montrer la supériorité scientifique du libéralisme sur le socialisme. Le socialisme est une ambition folle, une démesure intellectuelle.»
Friedrich von Hayek, père de l'école libérale économique, dans Le Figaro-Magazine du 18 férier 1984 (entretien avec Guy Sorman), recité à son décès dans Le Figaro-Magazine 28 mars 1992.

« La France doit toujours croire en la science, au progrès en la connaissance, au savoir humain. [...] Ceux qui contestent la science ne contestent pas simplement une recherche ou n’insistent pas pour en évoquer les risques ; ils veulent mettre profondément en question l’idée même de progrès et de démocratie. »
F. Hollande Allocution du 3 avril 2014 à l'occasion du 50e anniversaire de l'INSERM

« S'appuyer sur l'expérience du passé devrait suffire à démontrer que la plupart des révolutions technologiques sont issues de recherches dont la seule motivation était le progrès de la connaissance.»
Pierre Joliot-Curie Biologiste, Scientifique (1932 - ) La Recherche passionnément

« Le principe de progrès doit continuer à guider l'humanité et .../... si la prévention et la biovigilance se justifient, le principe d'inaction ne saurait être la seule traduction du principe de précaution. »
Jean-Yves Le Déaut, Député de Meurthe-et-Moselle, vice-président de l'Office Parlementaire des Choix Scientifiques et Techniques (OPECST), et président de deux commissions parlementaires ayant rendu des avis (très favorables) sur les OGM. Le texte complet doit pouvoir se retrouver sur son site et a été publié dans le numéro 9 de la revue Plantes transgéniques des « professionels des semences et de la protection des plantes » (comprendre des insecticides, des fongicides, ... !).

« Les sciences se caractérisent par le fait qu'il y a progrès. »
Pierre Rosenberg, historien de l'art, collectionneur et conservateur Le Monde de l'éducation - Février 2001

« Dans une société bien organisée, quoique personne ne puisse parvenir à tout savoir, il faut néanmoins qu'il soit possible de tout apprendre. »
Talleyrand, Rapport sur l'instruction publique, septembre 1791.

« En science, il ne suffit pas d'être bon, il faut être le meilleur »
Gabriel Ruget, Directeur de l'Ecole Normale Supérieure de Paris Le Monde 12 mars 2003.

« L'histoire montre que la recherche scientifique a toujours été orientée, plus ou moins directement, par la société dans laquelle elle était faite. La politique du CNRS [Centre National de la Recherche Scientifique] n'a échappé, à aucun moment, à ce conditionnement.»
Michel Morange, Professeur de biologie moléculaire à l'université Paris VI et à l'Ecole normale supérieure.« Il était une fois, les sciences de la vie », La Revue pour l’histoire du CNRS, N°24 - Automne 2009, mis en ligne le 5 octobre 2009. URL : http://histoire-cnrs.revues.org/document9058.html

« Savoir, c'est pouvoir »
Francis Bacon

« La révolution des OGM est un progrès indispensable »
Etienne-Emile Baulieu, Professeur honoraire au Collège de France et scrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, Le Monde 22 octobre 2003. Ces propos étaient repris de son allocution devant les autres académiciens sur « Changement et progrès ».

« Thanks to their discovery, David Gross, David Politzer and Frank Wilczek have brought physics one step closer to fulfilling a grand dream, to formulate a unified theory comprising gravity as well - a theory for everything.»
http://nobelprize.org/physics/laureates/2004/press.html

« Pour le neurobiologiste que je suis, il est naturel de considérer que toute activité mentale, quelle qu'elle soit, réflexion ou décision, émotion ou sentiment, conscience de soi... est déterminée par l'ensemble des influx nerveux circulant dans des ensembles définis de cellules nerveuses, en réponse ou non à des signaux extérieurs. J'irai même plus loin en disant qu'elle n'est que cela. [...] L'identité entre états mentaux et états physiologiques ou physico-chimiques du cerveau s'impose en toute légitimité »
J.P. Changeux, professeur en neurobiologie au Collège de France et ancien président du Comité national d'éthique.
Entretien avec
édité par La découverte-Le Monde vol. 5 1985 p.68.
L'Homme neuronal 1983 Fayard p.364. Il est difficile d'être plus réductionniste...

« Nous partons d'abord d'une observation, nous obtenons des nombres que nous mesurons, puis nous obtenons une loi qui résume tous les nombres. Mais le vrai triomphe de la science, c'est de pouvoir trouver une manière de penser telle que cette loi soit évidente. »
Richard Feynman, Cours de Physique, Mécanique 2

« Nous croyons que le but dernier des sciences humaines n'est pas de constituer l'homme, mais de le dissoudre [...] [Il faut] réintégrer la culture dans la nature et finalement la vie dans l'ensemble de ses conditions physico-chimiques»
Claude Lévi-Strauss, La pensée sauvage Chap. IX Plon 1962 p. 326 sq.

« L'évolution des trente dernières années [...] nous a montré la réalité du continuum entre l'acquisition de nouvelles données fondamentales et la création des nouveaux objets nécessaires pour assurer un développement durable de nos sociétés. Ceci n'est pas nouveau, Pasteur lui-même avait déjà souligné qu'il n'y a pas de fossé entre la science et les applications de la science, nous avons simplement trop tendance à l'oublier.»
Bernard Meunier, le 21 octobre 2004 dans sa déclaration aux chercheurs après sa nomination à la tête du CNRS.

« Le progrès et l'innovation sont nécessaires à l'agriculture française pour en assurer la pérennité et la compétitivité [...]. Il est temps d'adopter une attitude responsable, basée sur la science, pour une utilisation raisonnée des plantes et des produits alimentaires issus des biotechnologies et au nom d'une légitime aspiration au progrès. » Monsanto dépèche citée par Agrisalon le 17 août 2004.

« Ne regardez pas les choses comme elles sont, mais comme elles pourraient être. »
Oppenheimer, cité par Felix Adler, tirée du livre American Prometheus

« Nous, scientifiques, sommes convaincus que ce que nous appelons un "fait" ou une "vérité" ne sera plus demain, au mieux, qu'un élément intégré dans un ensemble plus complexe, au pire une erreur d'interprétation historique due à l'insuffisance des moyens et des concepts du moment.»
Marc Peschanski, directeur de Recherche à l'INSERM dans "Entre idées réactionnaires et politique politicienne, bien peu de science" dans La vie de la Recherche Scientifique, n° 355 (11/2003) revue du SNCS, syndicat de chercheurs scientifiques p.32-43 « La seule limite à l'acquisition des connaissances qui soit fondée de façon aussi universelle et intemporelle est le respect dû à un être vivant. Les autres limitations du champ de l'acquisition des connaissances - souhaitées par certains à un moment donné de l'histoire et dans un lieu géographique donné - ne peuvent prétendre reposer sur des valeurs éthiques du même ordre ».
« Typiquement, le concept récemment promu «d’acceptabilité sociale » d’une recherche scientifique est, par définition, d’un ordre conjoncturel, opposable et révisable. Son application, normative et limitative, aboutit à interdire l’acquisition des connaissances sur certains terrains. Elle s’oppose donc frontalement à la valeur éthique universelle que représente cette activité. La valeur éthique de l’activité de recherche scientifique justifie que l’on combatte par principe l’introduction de telles bornes d’ordre conjoncturel, la liberté de la recherche impliquant celle de ses champs et de ses moyens. »
Marc Peschanski, directeur de Recherche à l'INSERM dans "Entre idées réactionnaires et politique politicienne, bien peu de science" dans La vie de la Recherche Scientifique, n° 355 (11/2003) revue du SNCS, syndicat de chercheurs scientifiques p.32-43

« Si timide que l'on soit, il faut bien que l'on interpole ; l'expérience ne nous donne qu'un certain nombre de points isolés, il faut les réunir par un trait continu ; c'est là une véritable généralisation. Mais on fait plus, la courbe que l'on tracera passera entre les points observés et près de ces points ; elle ne passera pas par ces points eux-mêmes. Ainsi on ne se borne pas à généraliser l'expérience, on la corrige ; et le physicien qui voudrait s'abstenir de ces corrections et se contenter vraiment de l'expérience toute nue serait forcé d'énoncer des lois bien extraordinaires.
Les faits tout nus ne sauraient donc nous suffire ; c'est pourquoi il nous faut la science ordonnée ou plutôt organisée.
On dit souvent qu'il faut expérimenter sans idée préconçue. Cela n'est pas possible ; non seulement ce serait rendre toute expérience stérile, mais on le voudrait qu'on ne le pourrait pas.»
Henri Poincaré La science et l'hypothèse (1902, réédition Flammarion Paris 1968, p. 159).

« Oui, je crois que la science peut nous sauver.[...] . Mais la science et le progrès sont plus que jamais une évidence et une raison d’espérer. J’ai beaucoup de mal avec des tendances régressives qui deviennent dominantes à gauche. [...] Je trouve aussi tragiques les fatwas anti-OGM. Là encore, je regrette que la peur du progrès ait circonvenu la gauche – et la droite aussi. [...] Je suis pour le progrès et pour l’encadrement de ce progrès. Je suis progressiste, parce que je ne laisse pas tout le pouvoir au marché : ça me paraît très cohérent. Encore une fois, c’est la réalité qui doit primer. A-t-on besoin des OGM ? Oui, je le crois. En matière de santé, d’environnement, mais aussi d’agriculture. »
« Nous ne pouvons pas renoncer à cette idée même [du Progrès]. Nos sociétés, nos civilisations en ont besoin ».
Manuel Valls, Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche, entretien avec Claude Askolovitch, Robert Laffont, 2008

« la forme du logo [vaguement arrondi mais pas tout à fait] figure le processus même de la recherche, toujours en devenir, et évoque la matière mise à la disposition de nos chercheurs par notre planète. Une matière malléable, prête à se livrer aux expertises de la recherche scientifique comme la motte de terre glaise dans les mains du sculpteur.»
C. Zeitoun, Une nouvelle identité visuelle pour le CNRS, Le Journal du CNRS, n° 225, p. 34 octobre 2008.

Des opposants au Progrès ou à la Science :

« Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L’ennui fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l’immortalité. »
Baudelaire Les fleurs du Mal.

« Les badauds qui ont l’habitude de s’extasier devant toutes les transformations de la vie moderne, qu’ils appellent pompeusement : « le Progrès », devant toutes les innovations qui ne font, en réalité, que rendre la vie plus fiévreuse, plus active, plus superficielle, nous pardonneront de jeter un peu d’eau froide sur leur enthousiasme. Tout d’abord, nous relèverons cette observation, que presque tous les admirateurs du progrès sont précisément ceux qui ont le plus à en souffrir. Tandis que des vieillards qui ont accumulé toutes les connaissances humaines, qui plient sous le poids de la science, vous déclarent à la fin de leur carrière qu’après tout la science est bien vaine, que l’homme ne sait encore rien, que malgré tout ce monceau de découvertes le bazar scientifique est parfaitement inutile au bonheur de l’humanité »
Emile Bisson -  La science c’est le mal [publié en 1897 dans « L’État Naturel. Et la part du prolétaire dans la civilisation »].  ouvrier naturien

« L'esprit scientifique, par les applications pratiques qu'il détermine, donne une place telle dans l'activité sociale, à lactivité technique, industrielle et commerciale, ainsi qu'à toutes les formes du souci utilitaire, que, sous l'apparence d'augmenter le bien-être, i lmenace de tarir les source de la joie ».
« Le monde est un spectacle à regarder et non un problème à résoudre ».
Jules de Gaultier (1858-1942)

« Je comprendrais, encore une fois, qu’un sauvage de l’Amérique du Sud, qui n’aurait jamais quitté sa forêt, vînt me dire que la terre est infinie, et que l’homme, par conséquent, ne peut la troubler. Aujourd’hui, avec la science, la proposition est entièrement renversée : c’est l’homme qui est infini, grâce à la science, et c’est la planète qui est finie. L’espace et le temps n’existent plus par la vapeur et l’électricité. (...) La terre n’est plus pour nous, (...) qui pouvons en faire le tour quarante ou cinquante fois dans notre vie, ce qu’elle pouvait être aux yeux des hommes de l’antiquité, qui n’en avaient jamais mesuré la circonférence. Pour nous, elle est limitée, très limitée, puisque nous pouvons en faire aussi vite le tour qu’un Grec eût pu faire le tour de l’Attique (...) Or, quand on voit une chose aussi limitée que la terre et une puissance aussi illimitée qu’est celle de l’homme armé du levier de la science, l’on peut se demander quelle action peut avoir un jour cette puissance illimitée sur notre pauvre terre si limitée et si bornée aujourd’hui ».
Eugène Huzar, La fin du monde par la science (1855), Paris, (rééd. ErE, 2008).

Le « monstrueux et incompréhensible cataclysme que fut, pour une si large et si innocente fraction de l'humanité, le développement de la civilisation occidentale ».
Claude Lévy-Strauss Tristes Tropiques Huitième partie chapitre XXX p. 387-388.

« Chaque parole échangée, chaque ligne imprimée, établissent une communication entre deux interlocuteurs, rendant étale un niveau qui se caractérisait auparavant par un écart d'information, donc une organisation plus grande. »
Claude Lévi-Strauss Tristes Tropiques. 9ème partie, chapitre XL, pp. 495-496

« Le 20e siècle va bientôt montrer son vrai visage en sonnant la charge avec des révolutions russes et une première guerre mondiale que personne ne voit venir. Pour l'heure tout est calme. La vie quotidienne est envahie par de nouvelles techniques et les guerres, les famines comme les révoltes semblent révolues et appartenir à une époque dépassée. On croit plus au Progrès qu'à la bible. Et cet évangile des nouveaux croyants du Siècle est chaque jour démontrée par les miracles technologiques et scientifiques que la grande presse annonce. »
Stefan Zweig Le monde d'hier (1942).

Références

[V.Bush] Vannevar Bush July Science : the endless frontier. A report to the President on a program for Postwar Scientific ResearchWashington DC : National Science Foundation (reprint 1960)

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