Anjela Duval
Bennozh
dit (Version originale en breton disponible ici)
À toi, merci, Dieu créateur,
Pour mon destin de paysanne.
Maître de la Nature,
Tu m’as donné le bonheur
d’œuvrer à tes côtés.
Tu donnes la Terre, la pluie et la chaleur.
Je fume, je sème, je sarcle, je moissonne.
Est-il au monde
Métier plus noble ?
Le mépris des citadins m’amuse :
Ils traitent le paysan de pauvre,
Lui, le maître de mille bijoux d’or,
Lui dont l’argent brille
Aux aurores humides,
À la pointe de chaque herbe dans ses prés verts.
Des mers d’épis ondulant dans ses champs,
Des lacs d’émeraude où erre son bétail,
Et, au cœur de ses terres, des chemins d’améthyste.
À lui, les parfums vivifiants et les chants purs
Des oiseaux et des fleurs.
À lui le bourdonnement des abeilles,
Le bruissement des feuilles.
À lui, le sourd hurlement du vent
Et la voûte immense du ciel constellé.
Oh oui ! Merci, Seigneur
Pour mon destin de paysanne.