Les contaminations de "tolérance" à un herbicide (TH)

On voit bien la contradiction entre ces deux références scientifiques :

Nous définissons la contamination comme un flux génétique qui peut être non intentionnel et même non souhaité (pour quelque raison que ce soit). Par exemple, un gène de "tolérance" au roundup passé du colza de culture à sa descendance est une contamination. On dit aussi que c'est un flux génétique vertical, c'est à dire résultant de la reproduction. Il existe aussi des flux génétiques horizontaux vers des espèces apparentées (mais qui restent liés par la reproduction) comme la ravenelle. Enfin il existe aussi la possibilité d'un transfert de trait (sans transfert génétique). Par exemple si on utilise une plante TH, cela implique l'usage de l'herbicide associé. Si l'écosystème y est du coup trop confronté, cet usage engendre une pression de sélection pour encourager les plantes qui se trouveraient disposer d'un (ou plusieurs) gène TH. Il n'y a donc pas de flux génétique, mais un transfert du trait. dans la page sur les résistances.

L'ANSES nous auditionnés en 2017 et nous avons fait une contribution écrite qui résume les possibiltiés et les risques des plantes Variétés rendues Tolérantes à un Herbicide (VrTH).

L'idée principale de cette page est de montrer que les contaminations sont inévitables pour plusieurs types de raisons :

« L'espoir de l'industrie est qu'avec le temps, le marché soit tellement inondé [d'OGM] que l'on ne puisse rien faire d'autre que d'abandonner. »
Don Westfall, vice-président de Promar International, consultant en communication pour les biotechnologies, Toronto Star du 9 janvier 2001

France :

On remarquera que le catastrophisme joue en faveur des promoteurs des OGM. En effet, il nous est souvent dit que s'il y a des OGM partout, alors il ne sert plus à rien de s'y opposer. Ah ! quel sens de l'indépendance et de la libre détermination de son devenir, la société moderne développe chez ses concitoyens. Quelle domination volontaire et demandée ! Alors que les politiques devraient être là pour tenter de contrebalancer les pulsions commerciales et chosifiantes, ils tentent surtout de sauver leur siège pour la prochaine élection.

Espagne

Avril 2006. Selon un rapport établi par plusieurs associations, dont Greenpeace, près d’un quart des champs de maïs testés se révèlent contaminés par du maïs OGM jusqu’à un taux de 12,6% (p.11-13) ; les distances de sécurité entre les champs transgéniques et les autres ne sont pas respectées (p.9-10) ; les multinationales disséminent des OGM non autorisés (p.14-16), etc. Résumé du rapport en français disponible sur le site de Greenpace et rapport complet en anglais aussi disponible.

Mexique :

La revue Nature a révélé en novembre 2001 une contamination du maïs dans plusieurs régions du Mexique (berceau de cette plante) qui sont des réservoirs de biodiversité. Or le Mexique n'avait autorisé aucun maïs OGM, précisément à cause du risque de pollinisation croisée avec des maïs sauvages.
Le 18 avril 2002, M. Soberon, représentant officiel du Mexique à la conférence de La Haye, a reconnu que 95 % des lots contrôlés étaient pollués par un gène issu de plantes OGM. Le taux de contamination de chacun de ces lots varie de 1% à 35% avec une moyenne de 10-15 %.
Le plus grave est que les biotechs (Syngenta, Aventis, Monsanto, ...) qui font ces OGM ont refusé de communiquer la séquence précise du gène introduit. Celle-ci eût permis de savoir qui a fabriqué ces OGM. [3]

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«L'espoir de l'industrie est qu'avec le temps, le marché soit tellement inondé [d'OGM] que l'on ne puisse rien faire d'autre que d'abandonner.»
Don Westfall, vice-président de Promar International, consultant en communication pour les biotechnologies, Toronto Star du 9 janvier 2001.

Amérique du nord

Général :

Pour bien comprendre à qui profitent les contaminations, il faut se rappeler comment commente un conseiller en communication : "L'espoir de l'industrie est qu'avec le temps, le marché soit tellement inondé [d'OGM] qu'il n'y ait plus rien à faire d'autre que de les accepter [surrender en anglais !]" [2].

Voyez aussi notre page sur les pollutions liées aux OGM.

Références

[Brunet] Brunet et al. Long-Distance Pollen Flow in Large Fragmented Landscapes (chapter of the book entitled Genetically Modified and Non‐Genetically Modified Food Supply Chains: Co‐Existence and Traceability) p. 79-87(2012) Ed. Y. Bertheau  https://doi.org/10.1002/9781118373781.ch6
[1] Rieger et al. Pollen-mediated movement of herbicide resistance between commercial canola fields. Science (Washington) vol. 296 (5577) p.2386-2388 (2002)).
[2] Don Westfall, vice-president de Promar International, entreprise de consultants en communication pour les industries agroalimentaires et biotechs basée à Washington cité dans unarticle du The Toronto Star 9 janvier 2001, Tuesday, Edition 1 STARLINK FALLOUT COULD COST BILLIONS By Stuart Laidlaw
[3] The Guardian 19 avril 2002 ou I-SIS.
[4] Cultivation-independent establishment of genetically engineered plants in natural populations: current evidence and implications for EU regulation, A. Bauer-Panskus et al. Environmental Sciences Europe 2013, 25:34
[Burgos_2014] The impact of herbicide-resistant rice (Oryza sativa L.) technology on
phenotypic diversity and population structure of US weedy rice, Burgos, N. R. et al., 2014, Plant Physiology
[Pearce2004] Pearce, Wind carries GM pollen record distances, News Scientist (2004)
[Ramsay] Gavin Ramsay et al. Quantifying landscape-scale gene flow in oilseed rape. Final report of DEFRA. Projet RG0216. DEFRA, London (2003) (ministère anglais de l'agriculture : très pro-OGM)

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